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Vol. 4, No. 1, Mars 2006
La ministre de la Culture de l’Ontario, Madeleine Meilleur, a réitéré la volonté ferme de son gouvernement de voir la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle être ratifiée et entrer en vigueur, dans un discours d’ouverture prononcé lors d’un colloque international d’une journée consacré à la Convention et à l’avenir des politiques culturelles, le 21 mars, à Toronto. Organisé par la Coalition canadienne pour la diversité culturelle en collaboration avec le Centre d’études canadiennes Robarts de l’Université York, ce colloque a donné lieu à des exposés de Jacques Paquette, sous-ministre adjoint, affaires internationales et intergouvernementales, ministère du Patrimoine canadien, et de John Gero, sous-ministre adjoint, politique commerciale et négociations, ministère du Commerce international. Sont également intervenus des experts en droit international, en commerce et en politique culturelle et des représentants d’organisations culturelles de plusieurs pays. «Je suis heureuse de constater que le Canada, premier pays à avoir ratifié la Convention en novembre 2005, a pu compter sur le soutien indéfectible de l’Ontario», a déclaré la ministre Meilleur. «L’Ontario, a-t-elle poursuivi, continuera à jouer un rôle de chef de file, aux côtés du Québec, à l’appui de la Convention de l’UNESCO. Je travaillerai en collaboration avec la nouvelle ministre fédérale du Patrimoine, et je soutiendrai les efforts entrepris par le gouvernement fédéral.» «La Convention est importante pour toutes nos industries culturelles, non seulement pour la production cinématographique et télévisuelle, mais aussi pour l’édition de livres et de revues, l’enregistrement sonore et les nouveaux médias», a fait remarquer Mme Meilleur. «Ces industries sont en effet celles qui sont les plus vulnérables à des défis de nature commerciale. Nous devons aussi avoir le droit d’élaborer de nouvelles politiques qui nous garantiront une place au sein du marché mondial.» Saluant la présence au colloque de représentants de coalitions pour la diversité culturelle de 23 autres pays, la ministre a affirmé : «Je sais que nos invités internationaux sont convaincus autant que moi de l’importance que revêt le droit qu’ont les gouvernements de promouvoir l’expression culturelle. Je soutiens les efforts que vous déployez pour faire pression auprès de vos gouvernements afin qu’ils ratifient la Convention.» Mme Meilleur a aussi salué le travail accompli par la Coalition canadienne, qui a rallié l’appui d’organisations culturelles au pays et à travers le monde au soutien de la Convention. «La Coalition a servi de modèle au niveau international et a favorisé la création de coalitions similaires dans d’autres pays», a-t-elle souligné. «L’Ontario est un fervent partisan du travail accompli par la Coalition canadienne. Je suis heureuse de déclarer que nous continuerons à offrir notre soutien à la Coalition.» «Il est encourageant d’apprendre que d’autres coalitions voient le jour dans le monde entier. Cela permettra d’accélérer le processus de ratification de la Convention. Nous devons collaborer afin de nous assurer que les objectifs et les principes de la Convention se traduiront par des actions concrètes», a conclu la ministre. Les participants internationaux faisaient partie d’un auditoire d’environ 85 personnes, parmi lesquelles se trouvaient plusieurs représentants des organisations membres de la Coalition canadienne pour la diversité culturelle. Dans son intervention, Jacques Paquette a fait un récapitulatif du processus de négociation qui a mené à l’adoption de la Convention, par une majorité écrasante, à la Conférence générale de l’UNESCO d’octobre dernier, et il a passé en revue les dispositions clés du texte. Soulignant l’accomplissement majeur qu’a représenté l’adoption de la Convention, il a fait valoir l’importance de poursuivre sur cette lancée : «Il y a déjà des signes qui montrent que cette Convention a une influence sur la façon avec laquelle les pays abordent la question commerce-culture. La culture s’est taillée une nouvelle place dans le système international. Il y a une prise de conscience accrue des défis auxquels nous faisons face pour assurer la diversité des expressions culturelles. Il y a aussi une reconnaissance claire du fait que les biens et services culturels sont plus que de simples marchandises» a-t-il dit. (notre traduction) «Mais l’élan que le dialogue à l’UNESCO a donné, et la volonté politique démontrée par l’adoption de la Convention ne doivent pas être perdus. Trente pays doivent ratifier la Convention avant qu’elle puisse entrer en vigueur. C’est là un minimum, ce n’est pas l’objectif ultime. Il faudra des ratifications provenant d’une masse critique de pays pour que la Convention ait une véritable portée», a-t-il ajouté. Il a fait remarquer que le Canada avait réagi très rapidement pour devenir le premier pays à ratifier la Convention et qu’il continuerait de jouer un rôle de leader dans la promotion de sa ratification et de sa mise en oeuvre. «Nous travaillons à promouvoir la ratification de la Convention par le plus grand nombre possible de pays», a-t-il poursuivi. «Cette promotion s’effectue par le biais de relations bilatérales, et dans divers forums multilatéraux comme à l’Organisation des États américains, la Francophonie, le Réseau international sur la politique culturelle et au sein même de l’UNESCO.» Il a précisé que le Canada continuerait, dans le cadre des actions qu’il a entreprises, de travailler en étroite collaboration avec les mouvements de la société civile tels que la Coalition pour la diversité culturelle. «Ce partenariat est fondamental», a-t-il déclaré. «La collaboration qui a si bien fonctionnée tout au long du processus menant à l’adoption de la Convention – pour convaincre les pays de l’importance d’établir une Convention – doit se poursuivre au moment où nous entamons l’étape de la ratification et de la mise en oeuvre. Et nous comptons sur tous nos amis dans les autres pays pour faire de même.» «Nous continuerons aussi d’œuvrer avec nos partenaires des provinces et territoires, car ils ont également un intérêt dans cette Convention», a-t-il ajouté. Le colloque comportait également une série de quatre ateliers de discussions portant sur le défi de maximiser le potentiel politique et juridique de la Convention; les pressions croissantes sur la culture dans les négociations commerciales; la possibilité que la Convention puisse jeter les bases du développement de nouvelles politiques culturelles, et le défi de traduire les dispositions sur la coopération internationale inscrites dans la Convention en actions concrètes, notamment concernant les façons dont les pays développés peuvent travailler de concert avec les pays en développement pour favoriser l’émergence de leurs propres industries culturelles. Le colloque a réuni les panélistes suivants : Ivan Bernier, expert en commerce international; Peter Grant, avocat spécialiste des industries culturelles et auteur du livre « Marché des étoiles: culture populaire et mondialisation »; le professeur Daniel Drache, de l’Université York ; Artur Wilczynski, directeur, Relations internationales et programme de rayonnement, Patrimoine Canadien, et président du groupe de travail sur la diversité culturelle et la mondialisation du réseau RIPC des ministres de la culture ; Kimmo Aulake, directeur adjoint de la division des exports culturels, ministère de la Culture de Finlande, et membre du groupe de travail du RIPC. Se trouvaient aussi au nombre des panélistes Pierre Curzi, coprésident de la Coalition et président de l’UDA; Pamela Brand, directrice exécutive nationale de la Guilde canadienne des réalisateurs; ainsi que des représentants internationaux de plusieurs coalitions pour la diversité culturelle: Neffali El-Hassane, du Maroc, Bernardo Jaramillo, de la Colombie, Bebe Kamin, de l’Argentine, Geraldo Moraes, du Brésil, Christine Merkel, de l’Allemagne, Mané Nett, du Chili, Kodjo Noussouglo, du Togo, et Gi-Hwan Yang, de la Corée du Sud. Les modérateurs étaient le professeur Seth Feldman, directeur du Centre d’études canadiennes Robarts; le professeur Fred Fletcher, directeur du programme d’études supérieures en communication et culture des universités York et Ryerson; Robert Pilon, vice-président exécutif de la Coalition canadienne, et Jim McKee, directeur des relations extérieures de la Coalition. Ce colloque s’est déroulé de concert avec deux autres événements majeurs organisés par la Coalition canadienne : les 19 et 20 mars, une réunion du Comité international de liaison des coalitions pour la diversité culturelle, à laquelle ont participé les représentants de coalitions de 23 pays et qui était présidée par la Coalition canadienne à titre de cosecrétariat du CIL; et, le 20 mars, une réunion du conseil d’administration de la Coalition. Un rapport sur la réunion du CIL sera publié dans le prochain numéro de Coalitions en mouvement, le bulletin international de la Coalition. Charest réitère l’engagement du Québec dans la campagne de ratification de la Convention de l’UNESCO À l’occasion du discours inaugural de la deuxième session de la 37e législature, à l’Assemblée nationale du Québec, le premier ministre Jean Charest a réitéré le soutien indéfectible de son gouvernement dans la promotion de la ratification et de la mise en oeuvre de la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle. «Le rôle joué par le Québec dans l’adoption à l’UNESCO de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles constitue sa plus grande victoire diplomatique à l’échelle internationale », a affirmé le premier ministre. «Au niveau international, nous continuerons à assumer notre leadership, conjointement avec le gouvernement fédéral et avec la société civile, notamment en défendant les principes de cette Convention. Nous devrons travailler avec détermination et sans relâche à la faire adopter et ratifier par les autres États », a-t-il ajouté. Cette déclaration faite dans le cadre du discours inaugural est le dernier d’une longue série de déclarations similaires que le gouvernement Charest a faites au soutien de la Convention depuis son arrivée au pouvoir en avril 2003. Mentionnons les déclarations répétées de la ministre de la Culture et des Communications, Line Beauchamp, et de la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, ainsi que nombre d’autres déclarations du premier ministre lui-même au cours des trois dernières années : notamment lors du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, et à l’occasion de missions en Chine, à New York, à Londres, à Paris et, plus récemment, en Inde, au cours d’une mission économique en janvier dernier (voir l’article suivant). La Chine et l’Inde en tête de liste des missions internationales de la Coalition
La Coalition canadienne a poursuivi un programme intensif de missions à l’étranger, au dernier trimestre de son année financière 2005-2006, avec des voyages en Belgique, en France, en Finlande, en Inde, en Corée du Sud et en Chine. Ces missions avaient trois principaux objectifs : 1) promouvoir une ratification rapide de la Convention de l’UNESCO par d’autres pays ; 2) soutenir les efforts entrepris dans d’autres pays pour résister aux pressions exercées sur les gouvernements dans le cadre de négociations commerciales pour qu’ils renoncent à leurs droits d’établir des politiques culturelles; et 3) soutenir la création de nouvelles coalitions comme instruments locaux permettant de répondre à ces deux défis. La Coalition participe à une table ronde Le 23 mars, Jim McKee, directeur des relations extérieures de la Coalition, était à Los Angeles, pour participer à une table ronde sur la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle, organisée conjointement par le Consulat canadien, la Délégation du Québec et le Département d’études canadiennes de l’Université de Californie (UCLA).
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154 avenue Laurier Ouest, Éditeur : Jim McKee Info Coalition est publié grâce à un appui financier du Ministère du Patrimoine canadien du Gouvernement du Canada,
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