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Faits saillants :

 
 


Vol. 1, No. 4, novembre 2003

Les membres de l’UNESCO donnent le feu vert
à l’élaboration d’une convention internationale sur la diversité culturelle

Lors de la séance de clôture de la Conférence générale de l’UNESCO, le 17 octobre, les 191 États membres ont adopté une résolution qui donne au directeur général le mandat d’élaborer une convention internationale sur la diversité culturelle.

La résolution a reçu l’approbation finale à la séance plénière de clôture à la suite du consensus obtenu lors des délibérations de la Commission IV (Culture), le 13 octobre.

Des représentants de plus de 80 États membres ont pris la parole lors de ces délibérations, et 90 % d’entre eux ont apporté leur appui à la résolution. Les débats de l’UNESCO, d’habitude fort modérés, ont donné lieu cette fois à de vives discussions, ponctuées d’applaudissements spontanés (fait inusité dans cette assemblée) quand des représentants d’États membres se prononçaient fermement en faveur de l’élaboration d’une convention.

Ces fortes manifestations d’appui à la convention auraient, semble-t-il, contribué à convaincre les États-Unis, qui s’opposaient au projet, de retirer la contre-proposition qu’ils avaient déposée, laquelle aurait eu pour effet de différer indéfiniment l’élaboration de la convention et d’assurer que la convention soit clairement subordonnée aux accords de l’OMC et aux autres accords internationaux de commerce.

Au cours du débat, plusieurs pays dont la position sur la convention n’était toujours pas claire dans les jours précédant la Conférence générale se sont finalement déclarés en faveur de la convention. Ce fut le cas, entre autres, de l’Argentine, du Brésil et de la Corée. Des représentants gouvernementaux participant aux délibérations de l’UNESCO ont signalé que l’action des coalitions sur la diversité culturelle avait eu une influence positive sur la position finale de ces pays.

Le prochain numéro de Coalitions en mouvement portera sur le processus d’élaboration de la convention à l’UNESCO – notamment sur les options possibles pour le calendrier des travaux devant conduire à l’adoption d’un projet de texte par la Conférence générale – et examinera de quelle façon les organisations représentant les professionnels de la culture pourraient faire valoir leurs vues dans le cadre de ce processus.

Cela dit, le Directeur général de l’UNESCO Koïchiro Matsuura est censé amorcer le processus en procédant à la nomination d’un comité d’experts chargé d’entreprendre la rédaction effective du traité. Ce comité d’experts pourrait se mettre à l’œuvre dès le mois de décembre.

Une question importante qui se pose pour les organisations représentant les artistes et les autres professionnels du secteur culturel est de voir comment le processus de l’UNESCO pourra assurer leur participation.

Cette dernière préoccupation a été au cœur d’une rencontre informelle de 90 minutes tenue le 22 octobre, réunissant Katerina Stenou, Directrice de la Division des politiques culturelles et du dialogue interculturel à l’UNESCO, Pierre Curzi, coprésident de la Coalition canadienne pour la diversité culturelle, Robert Pilon, vice-président exécutif de la Coalition canadienne, et Cécile Despringre, du Comité de Vigilance français pour la diversité culturelle. La réunion a comporté notamment un examen des propositions que les coalitions avaient présentées, la semaine précédente, aux ministres de la culture du Réseau international sur la politique culturelle (RIPC).

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Le réseau des ministres de la culture (RIPC) a tenu sa sixième réunion annuelle en Croatie ; une délégation des coalitions propose aux ministres une action conjointe en faveur de la convention

Une délégation de cinq personnes du Comité international de liaison des coalitions pour la diversité culturelle a rencontré des ministres de la culture du RIPC, le 17 octobre à Opatija, en Croatie, afin d’explorer les avenues de collaboration possibles entre les coalitions et les ministres pour faire avancer la campagne visant à nous assurer d’une convention solide et efficace sur la diversité culturelle.

Comme l’UNESCO est en voie d’entreprendre l’élaboration d’une convention sur la diversité culturelle – une initiative que les ministres de la culture du RIPC ont promue via leur Groupe de travail sur la diversité culturelle et la mondialisation –, la délégation des coalitions a proposé trois axes de collaboration entre les ministres et les neuf coalitions pour la diversité culturelle existantes :

  • Soutenir la création de nouvelles coalitions pour la diversité culturelle à travers le monde.
  • Unir les efforts des coalitions et des ministres dans leurs interventions respectives au sein des forums régionaux et internationaux, comme l’organisation des États ibéro-américains, le groupe des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), l’Union européenne et l’Organisation internationale de la Francophonie, pour élargir l’appui à la convention.
  • S’assurer de la participation des professionnels de la culture au processus de rédaction de la convention à l’UNESCO.

Dans la déclaration émise à la fin de leur rencontre, les ministres de la culture ont « souligné l’importance de poursuivre le dialogue entre la société civile et les gouvernements dans l’intérêt de la préservation et de la promotion de la diversité culturelle », et ils ont chargé le Groupe de travail sur la diversité culturelle et la mondialisation d’explorer les façons d’assurer la participation continue des organisations de la société civile au processus d’élaboration de la convention.

La présentation du point de vue des coalitions a été faite par Pierre Curzi, acteur réputé (Les Invasions barbares) et coprésident de la Coalition canadienne pour la diversité culturelle, Ndiawar Mboup, directeur général de l’Association des métiers de la musique au Sénégal et secrétaire général de la Coalition sénégalaise pour la diversité culturelle, et Gi Hwan Yang, directeur exécutif de la Coalition coréenne pour la diversité culturelle et Directeur général de la Coalition pour la diversité culturelle dans les images animées.

Un total de 16 ministres de la culture ont participé à cette réunion - dont 13 membres du RIPC et trois ministres invités venant d’Inde, d’Iran et de Serbie-Monténégro - ainsi que des représentants de 13 autres pays membres.

Le réseau RIPC des ministres de la culture, établi en 1998 par la ministre de Patrimoine canadien Sheila Copps, s’est fait le champion de la création d’une convention internationale sur la diversité culturelle. Les réunions ministérielles précédentes du RIPC ont eu lieu au Canada, au Mexique, en Grèce, en Suisse et en Afrique du Sud. La réunion de 2004 se tiendra en Chine.

Faisaient partie également de la délégation des coalitions, lors de la rencontre d’Opatija, Ho Jun Lee, responsable des relations internationales pour la Coalition coréenne, et Jim McKee, le directeur des relations extérieures de la coalition canadienne.

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La Coalition coréenne se prépare à accueillir
les Troisièmes rencontres internationales
des organisations professionnelles de la culture
à la fin du premier trimestre 2004

Le directeur exécutif de la Coalition coréenne pour la diversité culturelle, Gi Hwan Yang, a profité de la rencontre des coalitions avec les ministres de la culture du RIPC pour annoncer l’intention de la coalition coréenne d’accueillir les Troisièmes rencontres internationales des organisations professionnelles de la culture, l’an prochain à Séoul, en Corée du Sud.

M. Yang a informé les ministres que les troisièmes rencontres devraient fort probablement se tenir vers la fin du premier trimestre 2004, ajoutant que la Coalition coréenne espérait être en mesure d’inviter des organisations représentant des professionnels de la culture de plus de 50 pays à prendre part à ces rencontres.

Les Rencontres de Séoul feront suite aux Deuxièmes rencontres internationales tenues à Paris en février dernier. Organisées par le Comité de Vigilance pour la diversité culturelle (France), avec la collaboration de la Coalition canadienne pour la diversité culturelle, les rencontres de Paris avait rassemblé des représentants de plus de 125 organisations professionnelles provenant de 30 pays. La Première rencontre des professionnels de la culture a eu lieu à Montréal, en septembre 2001.

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L’International Affiliation of Writers Guilds
appuie la position australienne sur l’exemption culturelle
dans les négociations bilatérales avec les Etats-Unis

Au moment où les négociations entre les gouvernements australien et américain pour un accord bilatéral de libre échange arrivent à une étape cruciale, le secteur culturel australien a obtenu un appui international important dans sa lutte pour obtenir que la culture soit exclue totalement de l’accord de libre échange.

Cet appui est venu sous forme d’une résolution adoptée par l’International Affiliation of Writers Guilds (IAWG)– qui comprend notamment les sections Est et Ouest de la Writers Guild of America (WGA) – lors de la réunion annuelle de l’organisme qui s’est terminée le 10 octobre à Toronto, au Canada.

À cette réunion de Toronto, l’IAWG a adopté une résolution comportant les affirmations clé suivantes :

« L’IAWG reconnaît qu’un engagement envers la diversité culturelle et la promotion d’industries de production nationales dynamiques peut aller de pair avec un engagement en faveur du libre échange, ainsi qu'on le constate en pratique.

« L’IAWG soutient le droit de tous les gouvernements d’intervenir à l’égard de la promotion de la production et des industries culturelles nationales, et elle exhorte tous les gouvernements à préserver ces droits.

« À cette fin, l’IAWG soutient sans équivoque le droit de toutes les instances gouvernementales australiennes de légiférer sur les industries du film, de la télévision, de la radio, du théâtre et des nouveaux médias, quelque soit les modes de distribution, modes de distribution existants ou qui peuvent exister dans le futur. » (notre traduction)

L’International Affiliation of Writers Guilds regroupe les deux guildes américaines (WGA East et WGA West), les guildes de Grande-Bretagne (WGGB), d’Australie (AWG), de Nouvelle-Zélande (NZWG), d’Irlande (IPSG) et du Canada (WGC), ainsi que la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma du Québec (SARTEC).

« La résolution démontre bien qu’il existe des points de vue différents sur cette question au sein de l’industrie de l’entertainment aux Etats-Unis et la Guilde australienne est très heureuse d’avoir obtenu l’appui des membres américains de l’IAWG» (notre traduction), a déclaré Megan Elliott, directrice exécutive de la Guilde australienne.

L’appui de l’IAWG intervient à un moment crucial dans les négociations bilatérales entre l’Australie et les États-Unis. À l’occasion d’une visite du président George W. Bush en Australie, durant la semaine du 22 octobre, la presse a rapporté que le Premier ministre australien, John Howard, avait affirmé que son gouvernement était prêt à faire preuve de souplesse à l’égard des intérêts américains dans le domaine du film et de la télévision.

Cette déclaration contredisait les assurances données auparavant par des responsables gouvernementaux sur le fait que l’Australie n’abandonnerait pas son droit de réglementer les industries culturelles.

L’affaiblissement apparent de la position australienne a suscité une réaction rapide de toutes les grandes associations professionnelles australiennes représentant les scénaristes, réalisateurs, acteurs, techniciens et producteurs oeuvrant dans les secteurs du film et de la télévision, qui ont mobilisé leurs membres pour s’opposer à toute concession sur la culture dans les négociations commerciales.

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Des représentants des coalitions participent à une conférence
de la société civile sur la diversité culturelle

 

Des représentants des coalitions du Sénégal, du Canada et de la Corée ont participé comme panélistes à la quatrième conférence annuelle du Réseau international pour la diversité culturelle (RIDC).

Quelque 125 participants ont assisté à cette conférence organisée par le RIDC en partenariat avec le réseau Culturelink et dont le thème était « La diversité culturelle en marche à l'échelle planétaire: la société civile et ses regroupements ».

Au cours de la conférence, Ndiawar Mboup, du Sénégal, et Jim McKee, du Canada (intervenant au nom du Comité international de liaison des coalitions pour la diversité culturelle), ont participé à un panel intitulé « Diverses coalitions », aux côtés de Jean Tardif, de Planetagora, et de Mireille Gagné, qui agissait à titre de modératrice.

La conférence comportait aussi un exposé de Ki Taek Lee, conseiller spécial du président de la République de Corée en matière de culture et de société civile, qui a traité du rôle important que les politiques culturelles ont joué afin de promouvoir la diversité culturelle en Corée, ainsi que du travail essentiel accompli par la Coalition coréenne pour que la Corée conserve son droit d’établir des politiques culturelles.

La conférence s’est tenue immédiatement avant la réunion annuelle des ministres de la culture du RIPC. Pour la quatrième année consécutive, une délégation du RIDC a rencontré les ministres du RIPC et leur a présenté la déclaration adoptée à l’issue de la rencontre du RIDC ainsi qu’un rapport de ses activités.

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Coalitions en Mouvement est publié par le Secrétariat du Comité de liaison international des coalitions pour la diversité culturelle (CLI).
Coalitions membres:

Argentine, Australie, Canada, Chili, Corée, France, Mexique, Nouvelle-Zélande, Sénégal.

154, avenue Laurier Ouest, Bureau 240
Montréal, Québec, H2T 2N7
Tél. (514) 277-2666
Télec. (514) 277-9994

www.comitedevigilance.org
courriel:

Rédacteur en chef : Jim McKee
Avec la contribution de : Robert Pilon,
Geneviève Grimard,
Mélanie Marron, Bruno Bettati



 

Vous êtes intéressés à réunir les organisations représentant des professionnels de la culture dans votre pays afin de former une coalition pour la diversité culturelle?

Pour toute assistance, veuillez prendre contact avec le Secrétariat du Comité international de liaison des coalitions pour la diversité culturelle. mckee@cdc-ccd.org