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Faits saillants : |
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Le
débat s’est amorcé : L’Italie et les Philippines ont été parmi les premiers pays, dès le début de la Conférence générale, à se déclarer en faveur de l’idée que l’UNESCO prenne en charge l’élaboration d’une convention sur la diversité culturelle. Intervenant le 29 septembre, jour d’ouverture de la conférence bisannuelle, la présidente des Philippines, Mme Gloria Macapagal-Arroyo, a affirmé : « nous soutenons l’UNESCO dans son objectif de créer un instrument international sur la diversité culturelle. » Le même jour, le président de l’Italie, M. Carlo Azeglio Ciampi, a annoncé l’appui de son pays à la convention, en disant que « l’Italie souhaite que soit approuvé un instrument législatif sur la diversité culturelle reflétant l’exigence de tout pays de protéger son identité historique ». La 32e Conférence générale de l’UNESCO se prolonge jusqu’au 17 octobre. Durant ces assises, les 190 États membres de l’UNESCO décideront s’ils donnent le feu vert au projet d’élaboration par cette agence des Nations Unies d’une convention internationale sur la diversité culturelle. À la fin de la première semaine de la Conférence générale, le samedi 4 octobre, plus de 150 pays membres avaient déjà pris la parole en séance plénière dans le cadre du débat de politique générale. La proposition sera débattue les 13 et 14 octobre, dans le cadre des travaux de la Commission IV (Culture), et la décision prise en séance plénière le 16 octobre. Les chances sont bonnes pour une décision favorable, mais rien n’est encore joué. De fait, les chances d’adoption de la proposition se sont renforcées quand le représentant des Philippines à l’UNESCO, intervenant lors de la réunion du Comité exécutif qui a précédé immédiatement la Conférence générale, s’est exprimé au nom du « Groupe des 77 », le regroupement des pays en développement, pour affirmer leur soutien à la proposition. Par ailleurs, une grande question qui se posait – comment les États-Unis allaient réagir à cette proposition qu’ils sont réputés ne pas appuyer – a trouvé réponse quand un représentant du gouvernement américain s’est opposé carrément au projet de convention au cours de cette même réunion du Conseil exécutif. Le 17 septembre, en effet, le sous-secrétaire d’État adjoint des États-Unis Richard Terrell Miller, chef de la délégation des observateurs de ce pays au Conseil exécutif, a déclaré sans ambages que la délégation américaine considérait ce projet de convention sur la diversité culturelle comme « une mauvaise idée, qui ne se justifie que si un partenaire veut contrôler le flux des produits et des créations culturelles ». (Concernant la position américaine, le mensuel français Le Monde diplomatique n’a pas manqué de souligner l’ironie de l’argument servi par un pays reconnu pour son manque d’ouverture aux biens et services culturels provenant de l’extérieur de ses frontières – moins de 2 % des produits culturels consommés aux États-Unis proviennent de l’étranger.) Des sources indiquent qu’à l’ouverture de la Conférence générale la position américaine demeurait toutefois un point de vue nettement minoritaire, même si les États-Unis faisaient activement pression sur plusieurs pays pour élargir le soutien à leur position. Le discours prononcé par Laura Bush, épouse du Président George Bush, au nom des États-Unis au cours de la séance plénière d’ouverture ne faisait pas référence à la question, se concentrant plutôt sur les questions relatives au domaine de l’éducation. Les États-Unis, après une absence de 19 ans, réintègrent l’UNESCO en apportant une contribution financière de plus de 120 millions de dollars pour les années 2004-2005, ce qui équivaut à 22 % du budget de l’agence. Au moment de publier ce numéro de Coalitions en mouvement, on ne savait pas encore clairement si l’opposition américaine rendrait inévitable un vote sur la proposition, plutôt qu’une décision par consensus. Mais il ne faisait pas de doute que la probabilité d’un vote avait augmenté. Dans cette hypothèse, il deviendra crucial que la résolution donnant le feu vert au projet d’élaboration de la convention reçoive l’appui de la plus forte majorité possible. Cet appui sera nécessaire afin que le directeur général de l’UNESCO reçoive un mandat clair et fort pour entreprendre l’élaboration d’une véritable convention, contraignante sur le plan juridique, et pour éviter qu’elle soit irrémédiablement diluée ou différée. Par conséquent, le moment est plus qu’opportun pour les organisations professionnelles du milieu de la culture de faire parvenir une lettre à l’ambassadeur de leur pays à l’UNESCO (voir coordonnées sur le site de l’UNESCO), ainsi qu’à leurs ministres responsables des affaires étrangères et de la culture, pour les presser de donner l’appui de leurs pays au projet de convention. Comme le débat
à la Commission IV commence le 13 octobre et que la décision
en plénière sera prise le 16 octobre, cette lettre doit
leur être adressée dès maintenant. À cet égard,
vous trouverez ci-joint un
modèle de lettre.
Les
coalitions seront reçues en Croatie par les ministres de la culture
du RIPC pour discuter stratégie et contenu de la convention internationale
sur la diversité culturelle Une
délégation de cinq représentants du Comité
international de liaison des coalitions pour la diversité culturelle
sera reçue par le Réseau international sur la politique
culturelle (RIPC–
le réseau informel des ministres de la culture), au cours de la
sixième réunion annuelle des ministres qui se déroulera
du 16 au 18 octobre à Opatija, en Croatie.
La réunion avec les ministres aura lieu le vendredi 17 octobre. Pierre Curzi, acteur de cinéma et de télévision réputé et coprésident de la Coalition pour la diversité culturelle (Canada), a été désigné comme le porte-parole officiel du Comité international de liaison. Il sera accompagné de Gi Hwan Yang, de la Coalition coréenne pour la diversité culturelle, de Ndiawar Mboup, de la Coalition sénégalaise pour la diversité culturelle, ainsi que de deux autres représentants des coalitions. Au moment de publier ce numéro de Coalitions en mouvement, plus de 25 ministres de la culture avaient confirmé leur présence à cette réunion. Participeront également à cette rencontre des observateurs représentant plusieurs autres des 59 pays membres du réseau, ainsi que des ministres invités de pays non-membres du RIPC, ce qui fera de cette réunion la plus importante rencontre des ministres de la culture du RIPC à ce jour. Le réseau des ministres de la culture du RIPC, lancé en 1998 par la ministre de Patrimoine canadien Sheila Copps, a été l’un des principaux instigateurs du projet d’élaboration d’une convention internationale sur la diversité culturelle. Les réunions ministérielles annuelles précédentes du RIPC ont eu lieu au Canada, au Mexique, en Grèce, en Suisse et en Afrique du Sud. La rencontre de 2004 est prévue en Chine. Par le biais de son Groupe de travail sur la diversité culturelle et la mondialisation, le RIPC s’est employé à mettre au point une ébauche de convention sur la diversité culturelle. La première version de cette ébauche a été présentée aux ministres en 2002, lors de leur réunion en Afrique du Sud. La version la plus récente du texte a été publiée au mois d’août, en vue de la rencontre en Croatie. La rencontre avec les ministres fournira aux représentants des coalitions l’occasion de discuter des éléments essentiels qui devraient faire partie de cette convention, ainsi que de la stratégie pour en assurer le succès à l’UNESCO, dans l’hypothèse où les États membres adopteraient durant la Conférence générale la proposition à l’effet que l’agence entreprenne l’élaboration d’une telle convention. Si le projet va de l’avant à l’UNESCO, il est probable que le texte du RIPC servira de référence informelle, particulièrement si les conditions sont favorables à un processus d’élaboration rapide d’une convention, en vue de son adoption à la Conférence générale de 2005. La réunion annuelle des ministres de la culture du RIPC sera précédée de la conférence annuelle du Réseau international pour la diversité culturelle (RIDC), un réseau qui rassemble des activistes individuels et des organisations non gouvernementales du secteur culturel. Un certain nombre de représentants des coalitions assisteront à la conférence du RIDC. Des représentants du RIDC rencontreront également
les ministres de la culture le 17 octobre.
Les
coalitions plaident pour une convention sur la diversité culturelle
lors d’un séminaire à l’UNESCO Des représentants de 46 délégations permanentes à l’UNESCO étaient au nombre des quelque 175 personnes participant à un séminaire en appui au projet de convention sur la diversité culturelle. Ce séminaire, tenu le 12 septembre au siège de l’UNESCO à Paris a été marqué par les interventions de représentants des neuf coalitions actuelles pour la diversité culturelle. Intitulé « Pourquoi l’UNESCO doit-elle décider d’adopter une convention sur la diversité culturelle ? », l’événement était organisé à la veille de la Conférence générale bisannuelle de l’UNESCO par la Coalition pour la diversité culturelle (Canada) et le Comité de vigilance pour la diversité culturelle (France), dans leur rôle conjoint de Secrétariat du Comité international de liaison des coalitions pour la diversité culturelle (CIL). Des représentants des coalitions de l’Argentine, de l’Australie, du Chili, de la Corée et du Sénégal ont pris la parole au nom des neuf coalitions durant ce séminaire, qui a été suivi d’une période de questions d’une heure, où l’on a entendu des prises de position favorables de plusieurs participants, notamment les ambassadeurs du Yémen, du Sénégal et du Canada. Outre les ambassadeurs à l’UNESCO et des représentants des délégations permanentes, des cadres supérieurs de l’UNESCO ont également participé à ce séminaire. La coalition du Sénégal est la dernière à joindre les rangs du Comité international de liaison, qui comprend déjà les coalitions de l’Argentine, de l’Australie, du Canada, du Chili, de la Corée, de la France, du Mexique et de la Nouvelle-Zélande. Ensemble, les neuf coalitions réunissent plus de 185 organisations représentant tous les domaines de la culture : le livre, le cinéma, la télévision, le spectacle vivant, la musique, les arts graphiques et plastiques, le multimédia, etc. Les cinq intervenants ont abordé chacun un aspect différent de l’argumentation en faveur de la prise en charge par l’UNESCO de l’élaboration d’une convention internationale sur la diversité culturelle.
Le séminaire
était animé par Bruno Bettati, cinéaste chilien
et membre du bureau de direction de la Coalition du Chili.
Deuxième
réunion du Comité international de liaison De passage à Paris pour le séminaire de l’UNESCO, les représentants des neuf coalitions ont tenu aussi, le 10 septembre, une deuxième réunion du Comité international de liaison des coalitions pour la diversité culturelle. Une première rencontre avait eu lieu à Halifax, en mars dernier. Cette deuxième réunion était coordonnée par les coalitions de la France et du Canada, qui servent conjointement de secrétariat au Comité international de liaison. Les coalitions ont échangé les dernières informations sur ce qui se profile au sujet de la décision attendue à l’UNESCO et ont considéré les actions à mener pour faire en sorte que la proposition obtienne le plus fort appui possible. Elles ont aussi commencé à mettre au point une position conjointe sur les éléments essentiels de la convention projetée sur la diversité culturelle. À cet effet, elles ont entrepris l’examen de la dernière ébauche du projet de convention préparée par le Réseau international sur la politique culturelle, et comptent faire part de leurs premières réactions sur ce texte aux ministres de la culture qui se réunissent à Opatija, en Croatie, du 16 au 18 octobre. Par ailleurs, les coalitions ont commencé à établir une stratégie commune et un plan d’action pour coordonner leurs activités, notamment leurs efforts pour promouvoir la formation d’autres coalitions nationales pour la diversité culturelle. Plusieurs représentants des coalitions ont profité de leur séjour à Paris pour rencontrer les ambassadeurs de leurs pays respectifs, afin de faire le point sur l’initiative en cours à l’UNESCO et, au besoin, plaider pour l’appui à la résolution soumise à la Conférence générale.
Une
nouvelle coalition pour la diversité culturelle formée par
les organisations professionnelles de la culture
Plus de vingt organisations représentant des professionnels de la culture au Sénégal se sont rassemblées pour former la plus récente coalition pour la diversité culturelle. La Coalition sénégalaise pour la diversité culturelle a été créée au mois de mai, dans le sillage des Deuxièmes Rencontres internationales des organisations professionnelles de la culture, qui se sont tenues du 2 au 4 février 2003 à Paris. Elle a été officiellement lancée au cours d’une rencontre suivant une conférence rassemblant pour la première fois les ministres de la culture d’Asie, des Caraïbes et des pays du Pacifique (ACP), le 20 juin, à Dakar. En septembre, le président de la coalition Nicolas Sawalo Cissé et le secrétaire général Ndiawar Mboup se sont rendus à Paris pour assister à la deuxième rencontre du Comité international de liaison des coalitions et pour contribuer à la tenue d’un séminaire spécial en faveur du projet de convention sur la diversité culturelle, qui s’est déroulé au siège de l’UNESCO le 12 septembre.
L’éditeur chilien Paulo Slachevsky était le porte-parole officiel du secteur culturel pour la première consultation publique de la société civile sur le traitement des industries culturelles dans les négociations de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA). La table ronde a eu lieu le 23 septembre à Santiago, au Chili. Dans sa présentation, M. Slachevsky a exhorté les pays de la zone des Amériques à ne pas prendre d’engagements de libéralisation qui pourraient toucher la culture dans les pourparlers de la ZLEA et à soutenir la démarche en cours pour l’élaboration d’une convention internationale sur la diversité culturelle à l’UNESCO. L’intervention de Paulo Slachevsky a été renforcée par celle de Robert Pilon, vice-président de la Coalition canadienne sur la diversité culturelle. Cette table ronde sur la culture s’inscrivait dans le cadre d’une consultation plus large portant sur l’ensemble du secteur des services. Quelque 200 participants ont assisté à cette rencontre, y compris une vingtaine de représentants des 34 pays parties aux négociations de la Zone de libre-échange des Amériques, ainsi qu’un grand nombre de délégués d’organisations non gouvernementales chiliennes. Peu d’organisations non-chiliennes ont participé à la table ronde sur la culture. Mis à part la Coalition canadienne, seules étaient représentées la Motion Picture Association (MPA) et AOL Time-Warner. Dans sa présentation, le délégué de la MPA a repris une argumentation identique à celle employée par les représentants du gouvernement américain à l’UNESCO, s’opposant au projet de convention sur la diversité culturelle en faisant valoir qu’une telle convention risque de limiter le flux des produits et services culturels plutôt que de promouvoir leur circulation. Il a de plus soutenu que la structure de l’OMC offre une flexibilité plus que suffisante pour permettre aux pays de protéger et de promouvoir leurs cultures. Cette séance
de consultation s’inscrivait dans le processus de préparation
de la prochaine Conférence ministérielle de la ZLEA qui
se déroulera les 20 et 21 novembre 2003 à Miami. Une
déclaration sur la diversité culturelle Avec comme toile de fond l’impasse de la conférence ministérielle de l’OMC à Cancun (10-14 septembre) provoquée par la question cruciale des subventions à l’agriculture, le radiodiffuseur public allemand ARD a organisé un forum-conférence, le 12 septembre, sur le thème de la diversité culturelle. L’ARD a organisé l’événement en collaboration avec le Conseil de la culture allemande, la fondation Heinrich Böll et le RIDC. En conclusion du forum, les participants ont émis la déclaration de Cancun sur la diversité culturelle, qui demande aux membres de l’OMC d’entreprendre « toutes les démarches nécessaires, dans les négociations courantes du GATS et dans toute négociation qui débute sur les investissements, la politique concurrentielle ou les missions gouvernementales visant à garantir que les politiques culturelles de préservation et d’encouragement de la diversité culturelle ne seront ni remises en cause ni affaiblies du fait de l’application des règles du commerce international »
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Coalitions
en Mouvement est publié par le Secrétariat du Comité
de liaison international des coalitions pour la diversité culturelle
(CLI). Argentine, Australie, Canada, Chili, Corée, France, Mexique, Nouvelle-Zélande, Sénégal. 154,
avenue Laurier Ouest, Bureau 240 www.comitedevigilance.org Rédacteur
en chef : Jim McKee
Vous êtes intéressés à réunir les organisations représentant des professionnels de la culture dans votre pays afin de former une coalition pour la diversité culturelle? Pour toute assistance, veuillez prendre contact avec le Secrétariat du Comité international de liaison des coalitions pour la diversité culturelle. mckee@cdc-ccd.org |
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