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Vol. 5, No. 4 - Novembre 2007 La Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle est constituée à Séville Le mouvement international des coalitions pour la diversité culturelle a franchi une étape majeure dans son évolution le 19 septembre à Séville, en Espagne, lorsque les délégués de 37 pays ont approuvé à l'unanimité la création de la Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle (FICDC). La Fédération prend la relève du Comité international de liaison des coalitions pour la diversité culturelle (CIL). Le CIL avait été créé en 2003 pour coordonner les activités des coalitions existantes, soutenir la formation constante de nouvelles coalitions et offrir une voix commune aux coalitions tant à l'UNESCO qu'auprès du Réseau international sur la politique culturelle (RIPC) et des autres organismes où la campagne en faveur de la Convention de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles est à l'ordre du jour. La Fédération poursuivra ce travail sur une base officielle plus structurée. Elle sera constituée en société au Canada et son siège social sera à Montréal. La Coalition française pour la diversité culturelle a été désignée pour servir de délégation de la FICDC auprès de l'UNESCO. Réalisé sous les auspices de la Coalition espagnole, le congrès de fondation de Séville a permis aux délégués présents d'élire un conseil d'administration de 10 personnes, dont le président, trois vice-présidents régionaux, le trésorier et le secrétaire. Rasmane Ouedraogo, président de la Coalition du Burkina Faso, a été élu premier président de la Fédération pour un mandat de deux ans. Les trois vice-présidents régionaux sont :
Solange Drouin, coprésidente de la Coalition canadienne, a été élue trésorière, et Gérald Louise, président de la Coalition mauricienne, secrétaire. Ont aussi été élus au conseil : Geraldo Moraes, président de la Coalition brésilienne ; Joe Mboule, président de la Coalition camerounaise ; Pascal Rogard, président de la Coalition française ; et Eduardo Bautista, président de la Coalition espagnole. Le conseil a nommé Jim McKee, directeur général de la Coalition canadienne, au poste de secrétaire général de la Fédération. « C'est un grand honneur d'être élu à la présidence », a déclaré Rasmane Ouedraogo. « La décision de nous constituer en fédération représente vraiment une étape historique. Elle témoigne de la croissance remarquable de notre mouvement en huit ans seulement. Aujourd'hui, des coalitions sont établies dans 42 pays, ce qui représente plusieurs centaines d'organisations culturelles. » « La création de la Fédération traduit aussi notre conviction commune qu'il nous reste encore beaucoup à accomplir. Nous devons ouvrer à la promotion d'une ratification plus large et veiller également à ce que les professionnels de la culture bénéficient, par le biais des coalitions, d'une voix importante pour une mise en ouvre efficace de la Convention », a-t-il ajouté. Dans une déclaration adoptée à la clôture du congrès de Séville, les délégués, auxquels s'étaient joints des représentants d'organisations culturelles de 10 pays venus à titre d'observateurs, ont convenu de poursuivre les actions suivantes :
Le Congrès de Séville a pu avoir lieu grâce au soutien financier du ministère de la Culture et du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération d'Espagne, ainsi que du gouvernement régional d'Andalousie et de la Ville de Séville. Un soutien additionnel est venu de l'Organisation internationale de la Francophonie, de l'Agence suisse pour le développement et la coopération, du ministère du Patrimoine canadien, du gouvernement du Québec, du ministère de la Culture et des Communications de la France ainsi que du Centre national de la Cinématographie de France. « Au nom de la nouvelle Fédération, je tiens également à exprimer toute notre reconnaissance à notre hôte, la Coalition espagnole pour la Diversité culturelle, pour l'excellent travail qu'elle a accompli afin que le Congrès de Séville soit un véritable succès, mais aussi, pour avoir permis que le séjour de tous les participants soit des plus agréable et mémorable », a ajouté Jim McKee, secrétaire général de la FICDC. La FICDC rencontre les ministres du réseau RIPC pour des échanges sur la mise en ouvre de la Convention Immédiatement après le congrès de Séville, une délégation représentant la nouvelle Fédération a rencontré les ministres de la Culture qui participaient à la 10e Conférence ministérielle du Réseau international sur la politique culturelle (RIPC), pour échanger sur l'état actuel de la campagne de ratification de la Convention de l'UNESCO et sur les actions à mener en priorité pour une mise en ouvre efficace du traité. Dans sa présentation, la FICDC a mis l'accent sur son engagement prioritaire à poursuivre la mobilisation entreprise au sein de la société civile pour promouvoir la plus large ratification possible de la Convention, ainsi que sur sa résolution à participer aux processus de mise en ouvre de la Convention tant à l'UNESCO qu'aux niveaux des régions et des pays. Pour la mise en ouvre de la Convention, les coalitions ont demandé l'appui de tous les membres du RIPC afin de veiller à ce que les organisations de la société civile soient vraiment impliquées dans les processus de mises en ouvre à l'UNESCO, comprenant non seulement la Conférence des Parties et les réunions du Comité intergouvernemental, mais aussi tout groupe de travail ou groupe consultatif qui pourrait être mis sur pied. Les coalitions ont aussi souligné l'importance de faire rapidement progresser les efforts de coopération internationale pour soutenir l'application de politiques culturelles et d'autres interventions visant l'émergence des industries culturelles dans les pays en développement. À cette fin, elles ont plaidé pour que tous les États membres de l'UNESCO, et particulièrement les pays développés, contribuent au Fonds international pour la diversité culturelle de façon significative et régulière. La Fédération était représentée par son président, Rasmane Ouedraogo, à qui s'étaient joints Jorge Bosso, vice-président de la Coalition espagnole ; le vice-président pour l'Asie/Pacifique, Peter Shannon ; les membres du conseil Geraldo Moraes, du Brésil, et Diego Gradis, vice-président de la Coalition suisse pour la diversité culturelle. Les Coalitions en réunion avec le groupe de travail de la Francophonie sur la diversité culturelle Le 24 septembre dernier, le rôle de la société civile dans la mise en oeuvre de la Convention de l’UNESCO a aussi été un point majeur à l’ordre du jour lors de la table ronde organisée à Paris par le groupe de travail sur la diversité culturelle de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). L’OIF a vigoureusement soutenu depuis le début la campagne de promotion de la Convention à l’UNESCO. Ses membres figurent en tête du groupe de pays qui ont ratifié la Convention en priorité, veillant ainsi à ce que le seuil minimum de ratifications soit franchi en un temps record pour un instrument de normalisation en matière de culture. La Convention est entrée en vigueur le 18 mars dernier, 17 mois seulement après son adoption par un vote écrasant des États membres de l’UNESCO, lors de la 33 e Conférence générale, en octobre 2005. En outre, la Francophonie est bien représentée au Comité intergouvernemental de la Convention, 15 des 24 États membres de ce comité étant aussi membres de l’OIF ou y ayant un statut de pays associés. Les membres du groupe de travail ont promis de soutenir l’engagement de la société civile dans la mise en œuvre de la Convention. Ils ont également souligné l’importance de continuer à promouvoir la ratification, notamment auprès des pays membres de la Francophonie qui n’ont pas encore ratifié la Convention. Le président de la FICDC, Rasmane Ouedrago, dirigeait la délégation. Il était accompagné d’Adamou Mahamadou, président de la Coalition du Niger, de Jim McKee, secrétaire général de la Fédération, et de Michaela Kozaric qui représentait la Coalition française pour la diversité culturelle. Cette table ronde de septembre avec les coalitions constituait un suivi des échanges tenus à Paris en mars dernier. Le groupe de travail entend poursuivre de tels échanges avec la société civile deux fois par année. La Coalition sud-africaine accueille la conférence des organisations culturelles africaines du Commonwealth La toute nouvelle Coalition sud-africaine pour la diversité culturelle a accueilli les organisations culturelles d'une douzaine de pays membres du Commonwealth pour une conférence de deux jours et un colloque public, les 10 et 11 septembre à Johannesburg. Les deux jours de la conférence ont été consacrés aux conséquences de la nouvelle Convention de l'UNESCO sur la diversité des expressions culturelles pour le développement des industries culturelles en Afrique - et sur le rôle que les organisations de la société civile peuvent jouer dans la mise en ouvre de la Convention tant aux niveaux régional et national qu'à l'UNESCO. La conférence rassemblait des organisations professionnelles de la culture d'Afrique du Sud ainsi que des délégués d'autres pays africains membres du Commonwealth, notamment la Sierra Leone, le Kenya, l'Ouganda, la Tanzanie, la Zambie, le Malawi, la Namibie, Maurice, le Swaziland et le Botswana. La Coalition sud-africaine était l'hôte de la conférence en partenariat avec la SAMRO (South African Music Rights Organization) et le Comité international de liaison des coalitions pour la diversité culturelle (devenu maintenant la Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle - voir l'article de tête), qui réunit les coalitions d'une quarantaine de pays et qui était représenté par la Coalition canadienne, agissant en tant que cosecrétariat du CIL. Dans la déclaration adoptée à la clôture de la réunion du 10 septembre, les délégués se sont engagés à travailler ensemble pour promouvoir une ratification plus large de la Convention de l'UNESCO dans leurs pays respectifs ainsi qu'au sein du Commonwealth. Parmi les membres africains du Commonwealth, seuls l'Afrique du Sud, le Cameroun, Maurice et la Namibie ont jusqu'ici ratifié la Convention, d'où l'importance pour les participants de promouvoir une ratification beaucoup plus large. La déclaration portait aussi sur la mise en ouvre de la Convention, soulignant à quel point il importait de veiller à l'efficacité de cette mise en ouvre ainsi qu'à l'implication active de la société civile dans le processus, et ce tant à l'UNESCO qu'au niveau des régions et des pays. À cet effet, les participants à la réunion ont entrepris de former des coalitions dans leurs propres pays en rassemblant les grandes organisations culturelles de tous les secteurs de la culture. Les délégués ont également souligné l'importance pour les États d'exercer le droit inscrit dans la Convention quant à l'adoption et la mise en ouvre d'un large éventail de politiques culturelles nationales, afin de soutenir des niveaux importants de production nationale dans tous les secteurs de la culture. Enfin, la déclaration lance un appel aux pays développés, dans le cadre de la mise en ouvre de la Convention, pour qu'ils mettent de l'avant des initiatives de coopération internationale en vue de soutenir des industries culturelles viables dans les pays en développement, comme le stipule l'Article 14 de la Convention, notamment par des contributions substantielles et à intervalles réguliers au Fonds international pour la diversité culturelle, prévu à l'Article 18 de la Convention. La réunion du 10 septembre a été suivie le lendemain d'un colloque public. Le discours d'ouverture a été donné par un conférencier de marque, l'honorable Kader Asmal, député au Parlement sud-africain qui a présidé les séances de négociations intergouvernementales sur la Convention à l'UNESCO. Le professeur Asmal, un ancien ministre du gouvernement de Nelson Mandela ayant participé à la rédaction de la constitution sud-africaine, a souligné le fait que les droits humains étaient le fondement de l'expression culturelle et que la société civile pouvait jouer un rôle fondamental aux côtés de l'État dans la mise en ouvre des principes inscrits dans la Convention. « La Convention ne parlait pas de la culture, mais des aspects des services culturels », a souligné M. Asmal, ajoutant que le but en était d'habiliter les pays à conserver leur droit d'appliquer des politiques culturels lorsqu'ils étaient engagés dans des négociations d'accords commerciaux avec des partenaires économiques plus puissants. « Il était impérieux que tous les secteurs des industries culturelles soient concernées : la définition du champ d'application de la Convention viendrait seulement à partir de la collaboration et de la coopération entre le gouvernement, la société civile et l'université. » Andrew Firmin, directeur du programme Culture et Diversité de la Fondation du Commonwealth, a souligné l'importance du rôle de la société civile pour faire de la diversité culturelle une priorité au sein du Commonwealth. Il a fait remarquer que, pour la première fois, la culture est inscrite à l'ordre du jour du Forum des peuples du Commonwealth, qui aura lieu du 18 au 22 novembre à Kampala, en Ouganda. Nicholas Motsatse, directeur général de la SAMRO, a exhorté à son tour les pays africains du Commonwealth à travailler ensemble, tant pour promouvoir la ratification de la Convention dans les pays qui ne l'ont pas encore ratifiée que pour bien enraciner les principes de la Convention. « Des mécanismes de financement devraient être envisagés pour la mise en ouvre de projets liés à la Convention », d'ajouter M. Motsatse. La Coalition sud-africaine pour la diversité culturelle venait d'être mise sur pied quelques jours auparavant - lors d'une réunion tenue le 7 septembre au siège de la SAMRO, où a été adopté un projet de constitution et élu un comité exécutif de six personnes. Le comité exécutif de la Coalition sud-africaine (SACCD) comprend : André le Roux, président, directeur de la fondation SENA (SAMRO Endowment for the National Arts); Eugene Mthethwa, membre du bureau de direction de l'association discographique AIRCO (Association for Independent Record Companies); Basil Dube, secrétaire général de l'union des écrivains SASWU (South African Script Writers' Union); Joseph Gaylard, secrétaire général du réseau d'arts visuels VANSA (Visual Arts Network of South Africa); Dudley Schroeder, directeur général de l'association d'éditeurs PASA (Publishers' Association of South Africa); et Monica Seeber, directrice de l'association d'auteurs ANFASA (Academic and Non-Fiction Authors' Association of South Africa). André Le Roux a résumé ainsi une semaine bien remplie : « La formation de la Coalition sud-africaine et la participation importante des pays africains du Commonwealth à la conférence des coalitions et des organisations professionnelles de la culture signifient que nous avons fait de grands progrès pour donner à l'Afrique une voix forte dans la mise en ouvre de la Convention de l'UNESCO. Notre défi maintenant est de faire ratifier la Convention par d'autres pays du Commonwealth en Afrique, afin que nous puissions vraiment apporter ensemble le poids d'un continent dans ce dossier très important et faire en sorte que les sociétés civiles participent à la mise en ouvre de la Convention. » (30) |
Coalitions en Mouvement est publié par la Coalition canadienne pour la Diversité culturelle en collaboration avec la Fédération internationale des Coalitions pour la Diversité culturelle (FICDC). Afrique du Sud, Allemagne, Argentine, Australie, 154, avenue Laurier Ouest, Bureau 240 www.cdc-ccd.org Rédacteur en chef : Jim McKee Nous vous encourageons |
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