![]() |
Faits saillants : |
||||
|
La Convention de l’UNESCO est entrée en vigueur : la première Conférence des Parties aura lieu du 18 au 20 juin Le 23 mars, le directeur général de l’UNESCO Koïchiro Matsuura a annoncé que la première Conférence des Parties à la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles se tiendra à Paris, du 18 au 20 juin. S’adressant aux délégations permanentes et aux observateurs à l’UNESCO, le directeur général a mis l’emphase sur le fait que « cette première Conférence des Parties aura un lourd agenda ». Matsuura a ainsi signalé que cet agenda inclurait :
Dans son discours, le directeur général a également dévoilé un échéancier de quatre réunions du Comité intergouvernemental devant être élu en juin prochain. Sa première réunion se tiendrait en décembre 2007, suivie d’une autre en mai 2008, une à l’automne 2008 et enfin une en février 2009, ce qui mènera à la deuxième Conférence des Parties en juin 2009. Conformément aux dispositions de la Convention, pourront participer à cette première Conférence des Parties tous les États ayant déposé leurs instruments de ratification à l’UNESCO au moins trois mois avant le 20 juin (date de clôture de la conférence), soit au plus tard le 20 mars. Ce sont donc les représentants de 56 États qui se rassembleront à Paris pour la Conférence de juin. En plus des États parties, le directeur général a déclaré vouloir également inviter « un certain nombre d’observateurs, organisations non gouvernementales et intergouvernementales ayant été associés au processus d’élaboration de la Convention ». À l’occasion de cette première rencontre, la Conférence des Parties adoptera son règlement intérieur, qui inclura les dispositions pour l’obtention d’un statut d’observateur. Le processus de mise en œuvre de la Convention La première Conférence des Parties enclenchera officiellement le processus de mise en oeuvre de la Convention. À titre d’organe « plénier et suprême », la Conférence des Parties aura pour fonctions d’approuver les directives opérationnelles de la Convention, de recevoir et examiner les rapports des Parties à la Convention et de prendre toute autre mesure qu’elle juge nécessaire pour promouvoir les objectifs de la Convention. En outre, les États participant à la première Conférence des Parties éliront les membres du Comité intergouvernemental. Comme plus de 50 États ont déjà ratifié, ils éliront un Comité intergouvernemental (CI) complet de 24 membres, selon des principes de répartition géographique équitable. Fonctionnant sous l’autorité de la Conférence des Parties, à laquelle il devra rendre compte, le CI est chargé de promouvoir les objectifs de la Convention et d’assurer le suivi de sa mise en oeuvre Il a pour mandat de préparer et de soumettre à l’approbation de la Conférence des Parties les directives opérationnelles relatives à la mise en œuvre et à l’application des dispositions de la Convention. Ses responsabilités comprennent aussi l’établissement de procédures et d’autres mécanismes de consultation afin de promouvoir les objectifs et principes de la Convention dans d’autres enceintes internationales. Le CI établira son propre règlement intérieur et le soumettra à l’approbation de la Conférence des Parties. Ce règlement comprendra les dispositions concernant l’implication des organismes publics ou privés ou des personnes physiques dans des consultations sur des questions spécifiques touchant la mise en œuvre de la Convention. En plus de la première Conférence des Parties et de l’agenda du Comité intergouvernemental pour les deux prochaines années, le directeur général a aussi annoncé la tenue de réunions d’experts pour explorer des sujets spécifiques qui nécessitent une mise au point conceptuelle ou qui émergeront des débats. À titre indicatif, il a donné deux exemples : une réunion d’experts organisée à Madrid, en juillet 2007, sur le thème de la coopération internationale; une autre qui sera organisée sur les liens entre les différentes conventions majeures de l’UNESCO dans le domaine culturel, et en particulier l’articulation entre la convention sur le patrimoine immatériel et celle sur la diversité des expressions culturelles. Maintenir l’élan : l’importance d’assurer un maximum de ratifications Le 18 mars a marqué l’entrée en vigueur de la Convention, trois mois après le dépassement du seuil minimal des 30 ratifications spécifié dans le texte de la Convention, le 18 décembre 2006. Ce chiffre minimum a été atteint 14 mois seulement après l’adoption de la Convention en octobre 2005 – une cadence que le directeur général a qualifiée de « record absolu en matière d’instrument normatif dans le domaine culturel ». Cet élan extraordinaire se poursuit. Depuis le 18 décembre, 20 autres États ont ratifié, dont le Brésil, la Chine, l’Italie, l’Allemagne, l’Afrique du Sud, le Chili et la Tunisie. (Pour un compte rendu plus détaillé de la campagne de ratification qui a contribué à ce résultat remarquable, voir ci- joint l’article rédigé par Robert Pilon, vice-président exécutif de la Coalition canadienne pour la diversité culturelle.) Le 18 mars, l’entrée en vigueur de la Convention a clairement signalé que la campagne de promotion de la Convention était désormais entrée dans une nouvelle phase. Mais la tâche n’est aucunement terminée, même si, sans doute, on pourrait citer la phrase célèbre de Churchill au lendemain de la victoire d’Al Alamein : «Ce n'est pas la fin. Ce n'est même pas le commencement de la fin. Mais, c'est peut-être la fin du commencement.» Néanmoins, l’importance de continuer à promouvoir une large ratification de la Convention demeure. Pour réaliser tout son potentiel juridique et politique, la Convention doit en effet atteindre le même niveau de ratification que les autres grands traités internationaux, comme la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel (152 pays) et le Protocole de Kyoto (169 pays). Il faut aussi noter que l’Organisation mondiale du commerce compte 150 États membres. Ainsi, la ratification par 56 États membres est un début fort impressionnant pour une convention internationale adoptée il y a seulement 17 mois. Mais pour que la Convention acquière toute sa portée internationale, il est impératif que le nombre de ratifications dépasse rapidement 100 et atteigne ultimement 150. Il est important d’assurer que les ratifications viennent de toutes les régions du monde. À cet égard, il reste encore beaucoup à faire. Ainsi, en Asie, seules la Chine et l’Inde ont à ce jour ratifié la Convention ; aussi importants soient-ils, ces pays ne sont que deux dans une région qui en compte 48. Dans la zone géographique Monde arabe (telle que définie par l’UNESCO), seules la Jordanie, la Tunisie et Oman ont ratifié. De même, il importe d’accroître la représentation des pays d’Afrique anglophone, d’Europe de l’Est ainsi que d’Amérique centrale et des Caraïbes. Pourquoi l’atteinte d’un très grand nombre de ratifications est-elle si importante ? Il y a trois raisons principales : 1) un nombre élevé de ratifications de la part des États membres de l’UNESCO sera la clé pour s’assurer que le programme de mise en œuvre de la Convention soit doté d’un financement approprié au moment des débats sur le budget lors des Conférences générales de l’organisation ; 2) un grand nombre de ratifications par des pays membres de l’OMC sera d’importance cruciale pour bien faire respecter les principes et objectifs de la Convention dans les accords commerciaux ; et 3) enfin, pour que la Convention se traduise largement en actions concrètes sous forme de politiques culturelles nationales, elle doit être ratifiée par le plus grand nombre de pays possible. Les trois premières années : une période critique pour la mise en œuvre de la Convention Le succès de la mise en œuvre de la Convention et le progrès continu de la campagne de ratification sont liés indissolublement. Une mise en œuvre rapide et efficace entraînera en effet l’adhésion d’autres pays et, comme il est mentionné plus haut, un nombre sans cesse croissant de ratifications augmentera le poids de la Convention, maximisant par le fait même son impact potentiel. La mise en œuvre se poursuivra bien sûr tout au long de la vie de la Convention; mais les premières années de ce processus seront cruciales pour lancer efficacement le processus. La Conférence des Parties et le Comité intergouvernemental pourront réussir ce lancement en prenant quatre mesures déterminantes : Établir un rythme de travail régulier avec des échéanciers clairs. L’Article 22 de la Convention stipule que la Conférence des Parties se réunit « en session ordinaire tous les deux ans » et le directeur général a dévoilé un calendrier initial conforme à cette disposition. Concernant le plan de travail, le directeur général a souligné que l’agenda de la première Conférence des Parties allait inclure l’établissement du mandat du Comité intergouvernemental. Les quatre rencontres prévues par le directeur général ont le potentiel de maintenir une bonne cadence de travail pour la mise en œuvre de la Convention. Le plan de travail pourrait toutefois être renforcé par la tenue d’une session extraordinaire de la Conférence des Parties, comme le permet l’article 22, au milieu de ce cycle de rencontres du CI, possiblement en septembre 2008. Cette session extraordinaire permettrait de faire le bilan des progrès accomplis et de préciser les priorités pour les deux rencontres restantes du CI avant la deuxième Conférence des Parties, prévue par le directeur général pour juin 2009. Donner la priorité à la création du Fonds international pour la diversité culturelle. Ce Fonds sera l’un des véhicules clés pour traduire en action les principes et objectifs de la Convention dans les pays en développement, notamment par des initiatives pour aider à développer les industries culturelles de l’hémisphère sud. La première Conférence des Parties a l’occasion d’envoyer un signal très positif aux pays en développement en faisant de la mise sur pied de ce Fonds une priorité pour le Comité intergouvernemental. Les pays développés peuvent, quant à eux, faire avancer les choses en s’engageant le plus rapidement possible à contribuer au Fonds de façon récurrente. Le Canada et l’Inde ont déjà signalé leur intention de soutenir le Fonds. Nous espérons voir un nombre croissant de pays faire de même d’ici la tenue de la Conférence de juin. À cet égard, la volonté affichée du directeur général de mettre ce sujet à l’agenda de la première Conférence des Parties est bienvenue, tout comme son souhait de voir les États parties contribuer à ce fonds. Lancer sans attendre des initiatives pour promouvoir les principes et objectifs de la Convention dans d’autres enceintes internationales. Ces initiatives seront cruciales pour s’assurer que la Convention joue effectivement son rôle de contrepoids aux pressions exercées par les accords de commerce internationaux dans le domaine de la culture. De façon explicite, l’Article 23 de la Convention attribue cette fonction au Comité intergouvernemental, en s’appuyant sur l’Article 20, qui engage les Parties à prendre en compte les dispositions de la Convention « lorsqu’elles interprètent et appliquent les autres traités auxquels elles sont parties ou lorsqu’elles souscrivent à d’autres obligations internationales ». Cette clause est renforcée par l’Article 21, qui stipule que « les Parties s’engagent à promouvoir les objectifs et principes de la présente Convention dans d’autres enceintes internationales. À cette fin, les Parties se consultent, s’il y a lieu, en gardant à l’esprit ces objectifs et ces principes. » On voit déjà des signes encourageants du consensus obtenu à l’UNESCO lors de l’adoption de la Convention dans l’expression d’une volonté quasi générale d’écarter les services audiovisuels de la table des négociations lors du cycle actuel de Doha à l’OMC. Cependant, le cycle de Doha est paralysé en ce moment par une impasse sur les subventions agricoles, tandis qu’entre-temps on assiste à une vague de négociations bilatérales – et pas seulement à l’initiative des États-Unis. Les États membres présents à la première Conférence des Parties peuvent faire savoir clairement leur détermination à ce sujet, en confiant de façon explicite au Comité intergouvernemental le soin d’entreprendre sans délai l’élaboration de procédures et mécanismes de consultation pour promouvoir les objectifs et principes de la Convention dans d’autres enceintes internationales, et notamment lors de négociations commerciales. En appui à ce processus, les Parties pourraient aussi convoquer une rencontre spéciale d’experts pour explorer la question en profondeur, dans la même lignée que les rencontres prévues par M. Matsuura sur la coopération internationale et sur les liens entre les conventions majeures de l’UNESCO dans le domaine de la culture. Impliquer activement la société civile dans la mise en œuvre de la Convention. Les processus de négociation, d’adoption et maintenant de ratification de la Convention ont été appuyés par une mobilisation aussi rapide que spectaculaire des organisations professionnelles de la culture à travers le monde, notamment grâce aux coalitions nationales pour la diversité culturelle. Aujourd’hui, des coalitions existent dans 37 pays, représentant plus de 500 organisations de tous les secteurs de la culture – le livre, le film, la télévision, la musique, les arts de la scène, les arts visuels et les nouveaux médias. Leur nombre continue de croître, et leur action s’est conjuguée à l’appui donné à la Convention par de grandes organisations culturelles internationales, dont la CISAC (la Confédération internationale des Sociétés d'Auteurs et Compositeurs), la FIA (la Fédération internationale des Acteurs), la FIM (la Fédération internationale des Musiciens) et les instances régionales de l’UNI-MEI (fédération regroupant divers syndicats à travers le monde dans le secteur des arts, de l'audiovisuel, de la culture et des médias). Il faut maintenant canaliser toutes ces énergies dans le processus de mise en œuvre de la Convention –tant par les gouvernements dans chaque pays que par le travail de la Conférence des Parties et du Comité intergouvernemental. À cet égard, il faut noter qu’en s’engageant à inviter un certain nombre d’organisations non-gouvernementales en qualité d’observateur à la première conférence des Parties, le directeur général a lancé un message très positif quant à la volonté de l’UNESCO d’impliquer la société civile dans le processus de mise en œuvre de la Convention. Tenant leur Neuvième Assemblée à Montréal, les coalitions s’engagent à poursuivre leur action et à établir une fédération internationale Des délégués de 32 pays se sont réunis à Montréal, du 15 au 17 mars, pour la Neuvième Assemblée générale du Comité international de liaison des coalitions pour la diversité culturelle. En quatre ans d’existence du CIL, il s’agit de la plus importante assemblée jamais tenue. Cela témoigne du haut degré d’engagement de toutes les coalitions et de leur ferme volonté de poursuivre leurs actions à l’appui de la Convention de l’UNESCO sur la diversité des expressions culturelles. Ce degré élevé d’engagement s’est aussi révélé clairement dans la décision unanime prise à la fin de l’assemblée de Montréal, soit celle de transformer formellement le CIL en Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle et de tenir à cette fin un Congrès de fondation avant la fin de 2007. Durant les deux jours de réunions, les délégués se sont penchés sur l’état actuel de la campagne en cours pour la ratification de la Convention, en concentrant leur attention sur les initiatives que les coalitions et les organisations culturelles peuvent entreprendre pour promouvoir l’obtention d’une ratification de la part du plus grand nombre de pays possible. Au moment de la réunion, plus de la moitié des pays comptant une coalition nationale avait déjà ratifié la Convention de l’UNESCO – y compris le Niger, dont l’instrument de ratification a été déposé au siège de l’UNESCO à Paris le 14 mars, par Adamou Mahamadou de la Coalition nigérienne, alors qu’il était en route pour l’assemblée de Montréal. Mané Nett, du Chili, Christine Merkel, de l’Allemagne, et Zayneb Farhat, de Tunisie, étaient aussi heureuses de faire part de la ratification toute récente faite par les gouvernements de leurs pays respectifs. En attendant l’annonce imminente par l’UNESCO de la date de la première Conférence des Parties pour enclencher la mise en œuvre de la Convention, les délégués du CIL ont examiné les éléments clés pour s’assurer d’une mise en oeuvre efficace de la Convention. À cet égard, les participants ont bénéficié de l’apport d’une table ronde avec deux hauts fonctionnaires oeuvrant à ce dossier : René Bouchard, directeur général des Affaires internationales au ministère du Patrimoine canadien, et Dave Atkinson, coordonnateur gouvernemental et directeur du Secrétariat à la diversité culturelle au ministère de la Culture et des Communications du Québec. La pression qu’exercent les accords commerciaux sur la culture était aussi à l’ordre du jour. Gi-Hwan Yang, de la Coalition coréenne pour la diversité culturelle, a décrit la vaste gamme de concessions exigées de la Corée du Sud dans les négociations bilatérales actuelles avec les États-Unis, tandis que Bernardo Jaramillo présentait un aperçu de l’impact sur la culture des récents accords de libre échange négociés par les États-Unis avec des pays d’Amérique latine, dont la Colombie, le Chili, l’Équateur et le Pérou. Dans la déclaration adoptée à l’issue de la réunion de Montréal, les participants ont fait ressortir les grandes priorités de la campagne de ratification en cours et de la phase de mise en œuvre de la Convention – et signalé leur intention de poursuivre leur action dans les deux cas. Les participants de la réunion de Montréal représentaient 31 des 37 coalitions nationales pour la diversité culturelle constituées ainsi que la présence de Nick Motsatse, directeur général de la South African Music Rights Organization (SAMRO). La décision de mettre sur pied une Fédération internationale a été prise dans le dessein de renforcer la capacité du mouvement de poursuivre son œuvre. Voici les faits saillants de la Déclaration de Montréal : “Aujourd'hui, les 37 Coalitions déjà créées à travers le monde entendent continuer leur combat et en particulier poursuivre la campagne de sensibilisation auprès des États qui n’ont pas encore ratifié le texte. Notre objectif à terme est de convaincre autant d’États qu’ont pu réunir la Convention sur l’interdiction des mines anti-personnels (152) ou le Protocole de Kyoto (169). Il faudra aussi travailler à assurer une représentation géographique équilibrée des États parties. La Convention n’est évidemment pas une fin en soi. Elle est un instrument au service de la Diversité culturelle, elle n’aura de valeur que dans la mesure où les États la mettront effectivement en oeuvre. Les Coalitions attendent donc des États parties que dès leur première conférence, ils posent les actes nécessaires à la réalisation concrète des objectifs de la Convention. Nous considérons qu’il est en particulier essentiel pour les États parties: 1. d’adopter et de mettre en œuvre des politiques culturelles qui répondent aux objectifs, principes et dispositions de la Convention, 2. de mettre rapidement en place le Fonds international pour la diversité culturelle et d’assurer à celui-ci des moyens à la hauteur de son objectif ambitieux, le développement des industries culturelles des pays du Sud. 3. de refuser de prendre dans le cadre des négociations commerciales -bilatérales et/ou multilatérales- tout engagement de libéralisation qui constituerait une atteinte au droit, désormais consacré par la Convention, de développer librement leurs politiques culturelles. 4. de reconnaître le rôle la société civile et de l’associer pleinement dans le suivi de la Convention et dans la mise en œuvre des politiques culturelles que celle-ci permet et promeut. Les situations difficiles que connaissent aujourd’hui les secteurs culturels des pays qui ont accepté des engagements de libéralisation dans le domaine de la culture dans le cadre d’accords multilatéraux et/ou bilatéraux -comme la Corée du Sud est en train de le faire- témoignent de l’importance du combat que nous menons. Les Coalitions pour la Diversité culturelle réunies à Montréal sont convaincues que les secteurs culturels doivent poursuivre leur mobilisation pour faire aboutir l’ambition créatrice de la Convention. Dès lors, nous avons pris la décision de transformer le CIL en Fédération internationale des Coalitions pour la Diversité culturelle. Nous souhaitons qu’une fois constituée, cette fédération obtienne le plus rapidement possible un statut officiel auprès de l’UNESCO et puisse, au sein de cette organisation comme dans tous les forums où elle le jugera utile, défendre et promouvoir la diversité culturelle.” Les coalitions célèbrent l’entrée en vigueur de la Convention de l’UNESCO Se tenant à la veille de l’entrée en vigueur de la Convention de l’UNESCO sur la diversité des expressions culturelles en mars, les cérémonies de clôture de la Neuvième Assemblée générale des coalitions pour la diversité culturelle ont été l’occasion de marquer un moment historique et se sont rapidement transformées en célébrations. La coprésidente de la Coalition canadienne Solange Drouin présidait ces cérémonies. Debora Abramowicz, de France, Geraldo Moraes, du Brésil, Rasmané Ouedraogo, du Burkina Faso, et Robert Pilon, de la Coalition canadienne, y ont exposé divers thèmes abordés lors de la rencontre de Montréal – notamment l’importance de maintenir la mobilisation des coalitions et des organisations culturelles, de poursuivre le partenariat et la collaboration étroite des coalitions avec les gouvernements leaders dans le dossier, d’assurer une mise sur pied rapide et efficace du Fonds pour la diversité culturelle et de veiller à ce que les pays restent fidèles aux principes et objectifs de la Convention en les promouvant dans les enceintes internationales. La ministre de la Culture et des Communications du Québec, Line Beauchamp, était conférencière invitée aux cérémonies. À l’occasion d’un discours dont la force et l’éloquence étaient fort émouvantes, elle a fait part de ses espoirs sur ce que la Convention pouvait permettre pour l’avenir: « La Convention servira certainement de rempart derrière lequel nous pourrons tous défendre la diversité culturelle », a dit la ministre. « Mais mon espoir pour vous tous, pour le milieu culturel, est qu’elle serve aussi de tremplin. Et que vous puissiez y recourir pour défendre dans chacun de vos pays des politiques qui assurent à vos concitoyens et concitoyennes l’accès à des livres, des films, des émissions de télévision, de la musique, du théâtre et d’autres formes d’art issues de chez vous – et que, ces œuvres ayant été créées, on pourra y avoir accès également sur le plan international. » Parlant au nom de la ministre du Patrimoine canadien Beverley Oda, le sous-ministre Jacques Paquette a rendu hommage au travail accompli par les coalitions pour l’obtention d’une ratification rapide de la Convention. Il a également souligné l’importance d’une participation continue de la société civile au moment où s’amorce le processus de mise en œuvre de la Convention. « Le Canada croit fermement que les représentants de la société civile devraient être associés aux activités de la Conférence des Parties », a-t-il précisé. Nous voulons tirer parti de l’expertise et du savoir de la société civile pour la mise en œuvre de cette Convention. » Les coalitions se joignent à un groupe de travail de la Francophonie pour une table ronde sur la mise en œuvre de la Convention Une délégation de représentants des coalitions était à Paris, le 23 mars, pour une table ronde avec un groupe de travail sur la diversité culturelle de l’Organisation internationale de la Francophonie. Des membres du bureau de la Francophonie à l’UNESCO ont aussi pris part à cette séance de travail. Celle-ci était consacrée à la ratification et la mise en oeuvre de la Convention de l’UNESCO sur la diversité des expressions culturelles, ce qui a donné l’occasion à la délégation des coalitions de rendre compte des discussions qui avaient eu cours à cet égard à Montréal, du 15 au 17 mars, lors de la Neuvième Assemblée générale des coalitions pour la diversité culturelle. Ayant lieu le jour même où le directeur général de l’UNESCO annonçait la date de la première Conférence des Parties ainsi qu’un échéancier pour une série de quatre réunions subséquentes du Comité intergouvernemental, cette table ronde a été l’occasion d’examiner les diverses approches possibles pour coordonner le plus efficacement possible le travail des différents acteurs au cours de cette période. À cet effet, les membres du groupe de travail ont réitéré l’appui de la Francophonie en vue d’impliquer la société civile dans la mise en œuvre de la Convention. Les représentants d’une vingtaine d’États membres de la Francophonie ont pris part à cette séance, dont la tenue avait été initiée en 2002 par le Secrétaire général de la Francophonie, à la veille du Sommet de Beyrouth des chefs d’États et de gouvernements de l’Organisation. La délégation des coalitions se composait de Cheikh Ngaido Ba, vice-président de la Coalition sénégalaise, de Diego Gradis de la Coalition suisse, de Rasmane Ouedraogo, président de la Coalition du Burkina Faso et secrétaire du Réseau africain des coalitions, de Debora Abramowicz, coordinatrice de la Coalition française, de Pascal Rogard, président de la Coalition française, et de Robert Pilon, vice-président exécutif de la Coalition canadienne. Les coalitions et le réseau RIPC se penchent sur le rôle de la société civile dans la mise en oeuvre de la Convention Le rôle de la société civile dans la mise en oeuvre de la Convention, tant à l’UNESCO qu’au niveau national, était à l’ordre du jour lors d’une rencontre entre les représentants du Comité international de liaison des coalitions et le groupe de travail sur la mondialisation et la diversité culturelle du Réseau international sur la politique culturelle (RIPC), à Nyon, en Suisse, le 1er février dernier. Cette réunion du groupe de travail, qui s’est poursuivi le 2 février, répondait à un mandat donné lors de la 9e conférence ministérielle du RIPC, à Rio de Janeiro, en novembre 2006. Ces réflexions préliminaires initiées à Nyon sur la question de l’implication de la société civile dans la mise en œuvre de la Convention seront approfondies dans un document préparé par la délégation suisse, hôte de la rencontre. Les propositions de ce document seront ensuite examinées à la réunion semestrielle des autorités du RIPC, les 19 et 20 avril, à Madrid. La rencontre de Madrid servira à préparer l’ordre du jour de la Dixième Rencontre ministérielle du RIPC, qui se tiendra à Séville le 20 et 21 septembre, ainsi que la première Conférence des Parties de la convention de l’UNESCO sur la diversité des expressions culturelles, qui aura lieu du 18 au 20 juin. Lors de la réunion de février du groupe de travail du RIPC, Cécile Despringre, de la Coalition française pour la diversité culturelle, et Diego Gradis, de la Coalition suisse, représentaient le Comité international de liaison des coalitions. Dans leur exposé, ils ont mis l’accent sur la détermination des coalitions et des organisations professionnelles de la culture à poursuivre leur travail de mobilisation au moment où s’amorce le processus de mise en œuvre de la Convention. Ils ont souligné l’importance de la Convention comme assise pour le développement des politiques culturelles nationales, et signalé le défi de sensibiliser le grand public face aux enjeux de la diversité culturelle. Ils ont également fait ressortir l’urgence d’utiliser tout le potentiel de la Convention pour favoriser l’émergence d’industries culturelles dans les pays en développement. À cet effet, ils ont fait remarquer que le Fonds international pour la diversité culturelle prévu dans la Convention doit être établi et financé sur une base prioritaire. Ils ont finalement indiqué que la campagne de ratification devait se poursuivre afin d’assurer un nombre de ratifications beaucoup plus important et représentant de manière équilibrée toutes les régions du monde.
|
Coalitions
en Mouvement est publié par le Secrétariat du Comité
international de liaison des coalitions pour la diversité culturelle
(CIL). Allemagne, Argentine,
Australie, 154,
avenue Laurier Ouest, Bureau 240 www.coalitionfrancaise.org Rédacteur
en chef : Jim McKee Nous vous encourageons | ||||