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La Seconde Conférence des Parties à la Convention de l’UNESCO sur la diversité des expressions culturelles : un premier ensemble de directives opérationnelles, de nouvelles priorités pour la mise en œuvre, mais silence sur une question majeure
Les États présents à la Seconde Conférence des Parties de la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité culturelle à Paris les 15 et 16 juin derniers ont approuvé un premier ensemble de directives opérationnelles pour la Convention, élu 12 nouveaux membres du Comité intergouvernemental de la Convention et établi les priorités pour les deux prochaines années de mise en œuvre. Cependant, ces priorités n’incluent pas le développement des directives opérationnelles pour les articles 20 et 21, qui concernent la relation de la Convention avec les autres instruments internationaux et qui seront essentiels pour assurer le droit des États d’appliquer des politiques culturelles. La question de la nécessité de directives opérationnelles pour ces articles clés a été reportée à une conférence future.
Les États parties représentés à la Conférence ont d’abord adopté rapidement l’ensemble du projet de directives opérationnelles élaborées par le Comité intergouvernemental, avec l’appui du Secrétariat de la Convention, lors de ses quatre réunions de la première phase de mise en œuvre.
Ces directives portaient sur les thèmes suivants : les mesures destinées à promouvoir et à protéger les expressions culturelles (articles 7, 8 et 17) ; les partenariats entre les secteurs public et privé et les organisations à but non lucratif (article 15) ; le rôle et la participation de la société civile (article 11) ; l’intégration de la culture dans le développement durable (article 13) ; la coopération pour le développement (article 14) ; l’utilisation des ressources du Fonds international pour la diversité culturelle (article 18) et finalement le traitement préférentiel pour les pays en développement (article 16).
Ensuite, les Parties devaient définir le mandat du Comité intergouvernemental pour les deux prochaines années de mise en œuvre de la Convention. Encore une fois, le processus de décision a été bref et trois articles ont été choisis unanimement :
- l’article 9 «Partage de l’information et transparence » et
- l’article 19 « Échange, analyse et diffusion de l’information » concernent l’échange d’information et d’expertise entre les États parties à la Convention pour la promotion et la protection de la diversité des expressions culturelles.
- L’article 10 : « Éducation et sensibilisation du public » souligne l’engagement des Parties à coopérer pour sensibiliser le public à l’importance de la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.
Également, pour assurer une plus grande visibilité de la Convention, la Conférence a demandé au Comité d’évaluer la faisabilité de la nomination de personnalités publiques chargées de promouvoir la Convention. En outre, le Comité devra élaborer une stratégie de collecte de fonds et penser à des mécanismes financiers innovateurs pour le Fonds international pour la diversité culturelle.
Originalement prévue pour une durée de quatre jours, la Conférence s’est terminée après seulement deux jours puisque les États ont rapidement approuvé les directives opérationnelles et ont été tout aussi rapides pour arriver à un consensus sur les priorités pour les deux prochaines années.
Ainsi, les États n’ont pas débattu ni discuté des articles 20 et 21 qui traitent de la relation de la Convention avec les autres instruments internationaux, une question cruciale pour garantir le droit des États d’adopter et de mettre en œuvre des politiques culturelles.
Seule l’Association des parlementaires de la Francophonie a souligné l’importance que le Comité établisse rapidement des directives opérationnelles sur les articles 20 et 21 qui sont « au cœur de la raison d’être de la Convention ». La Fédération internationale des Coalitions pour la diversité culturelle (FICDC) est aussitôt intervenue pour appuyer cette position. Malheureusement, ces deux interventions n’ont été possibles qu’au moment où les décisions avaient déjà été prises par les États parties.
La question de la portée de la Convention, et incidemment, des articles 20 et 21 a également été abordée brièvement par l’Afrique du Sud et le représentant du Québec au sein de la délégation canadienne lors de la session de clôture de la Conférence, encore une fois après que les priorités pour la prochaine phase de mise en œuvre (2009-2011) eurent été adoptées. Dans la prochaine édition de Coalitions en mouvement, nous reviendrons sur les conséquences possibles de cette décision de ne pas élaborer, au cours des deux prochaines années, de directives opérationnelles pour les articles 20 et 21.
Finalement, le dernier jour de la Conférence fut principalement consacré à l’élection de la moitié des 24 membres du Comité intergouvernemental, succédant ainsi aux 12 membres élus pour un mandat de 2 ans lors de la première Conférence des Parties en juin 2007. Divisé en groupes régionaux, la Conférence des Parties a élu pour le groupe I : le Canada et la France; le groupe II : l’Albanie et la Bulgarie; le groupe III : Cuba et le Brésil; le groupe IV : la Chine et la République démocratique populaire lao; le groupe V (a) : le Cameroun et le Kenya; le groupe V (b) : la Jordanie et la Tunisie. La nouvelle composition du Comité intergouvernemental est disponible au lien suivant : http://www.unesco.org/culture/culturaldiversity/LISTE_MEMBRES_IGC.pdf
Les organisations de la société civile ont également pu s’exprimer lors de la dernière journée de la Conférence. Le Président de la FICDC, Rasmané Ouedraogo, a livré une intervention au nom de la FICDC, du Réseau international pour la diversité culturelle, de Traditions pour demain, du Conseil international de la musique, de l’Institut international du théâtre et de l’Union européenne des télédiffuseurs publics. Il s’est réjoui de l’adoption des directives opérationnelles sur l’article 11 qui engage formellement la société civile dans la mise en œuvre de la Convention, et sur l’article 18 qui concerne le Fonds international pour la diversité culturelle. M. Ouedraogo a également souligné l’importance d’œuvrer pour réaliser le plein potentiel de la Convention, ce qui inclut la promotion de ses principes et objectifs dans les autres forums internationaux. Afin d’atteindre cet objectif, il a finalement fait remarquer que l’article 23 6 e) de la Convention confère au Comité intergouvernemental un mandat pour mettre en œuvre cet engagement et a offert l’appui des organisations de la société civile à cet égard.
50 jeunes experts de la culture de 34 pays présentent leur vision de la diversité culturelle pour 2030 au Forum mondial U40
Cinquante jeunes professionnels œuvrant dans le domaine de la diversité culturelle en provenance de 34 pays se sont réunis à Paris, du 12 au 18 juin derniers, pour discuter de leur vision de la diversité culturelle pour 2030. Ce rassemblement, portant le nom de Forum mondial U40 (« Under 40 years old ») s’est déroulé à la veille de la Seconde Conférence des Parties de la Convention de l’UNESCO pour la diversité des expressions culturelles (les 15 et 16 juin 2009).
Le Forum mondial U40 rassemblait des participants d’horizons variés : professionnels de la culture, membres actifs de la société civile, membres de la fonction publique, membres des commissions nationales de l’UNESCO, professeurs d’université et doctorants. Leur diversité de parcours a donné lieu à des échanges particulièrement enrichissants.
L’événement a été lancé par deux jours d’ateliers de réflexions sur différents thèmes en relation avec la mise en œuvre de la Convention de l’UNESCO, visant notamment à répondre aux questions suivantes : comment améliorer la visibilité de la Convention, quelles actions concrètes pour la coopération internationale dans le secteur de la culture et comment accroître le financement du Fonds international pour la diversité culturelle ? Ces discussions ont permis l’ébauche des « Propositions pour la diversité culturelle en 2030 » un document de deux pages qui a été distribué aux participants à la Conférence des Parties.
À travers ce document, les participants U40 développent d’abord leur « vision 2030 » pour la Convention dans laquelle ils soutiennent que la diversité culturelle est un outil pour le progrès de l’humanité et encouragent les Parties à adopter et à mettre en œuvre des politiques culturelles qui reflètent leurs besoins particuliers. L’importance de l’implication active de la société civile pour la réalisation de cette vision y est également soulignée. Ensuite, le document offre des exemples d’actions et d’initiatives pour la réalisation des objectifs de la Convention sur trois grands thèmes: « visibilité, sensibilisation et participation », « coopération mondiale » et « Fonds international sur la diversité culturelle ».
Notons que grâce à leur intégration dans les délégations des États membres ou des ONG, les participants U40 ont pu observer l’ensemble du déroulement de la Conférence des Parties.
Leurs propositions ont également été présentées oralement aux représentants des États parties à la Convention tout juste après la clôture de la Conférence, pendant une période de discussions informelles et confidentielles qui permet des échanges plus ouverts.
À la fin du Forum U40 les participants ont proposé plusieurs activités de suivi tels l’échange d’informations dans un groupe de discussions en ligne, la compilation des bonnes pratiques en matière de politiques culturelles, la traduction des propositions U40 dans les six langues officielles de l’UNESCO, la recherche de partenaires privés et publics pour le financement du Fonds et la possible création d’une délégation de représentants U40 pour participer à la prochaine réunion du Comité intergouvernemental.
L’initiative U40 a été saluée chaleureusement par le Directeur général de l'UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, lors de son discours d’ouverture de la Conférence des Parties : « Ce Forum, de façon très opportune, a ainsi offert à de jeunes spécialistes venus du monde entier l’opportunité de participer à un débat international sur la diversité des expressions culturelles et sur la mise en œuvre de la Convention. »
La rencontre U40 était organisée par la Commission nationale allemande pour l’UNESCO en collaboration avec la Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle (FICDC).
Cliquez ici pour lire le rapport synthèse du Forum mondial U40.
Les Coalitions du Mercosur se réunissent à Asunción au Paraguay
Les représentants de coalitions et d'organisations culturelles en provenance de 10 pays se sont réunis à Asunción au Paraguay du 20 au 22 mai pour la première Rencontre des Coalitions du Mercosur et des pays voisins. Cette réunion a été organisée conjointement par le Secrétariat national de la Culture du Paraguay et la Coalition paraguayenne pour la diversité culturelle.
Près de 150 personnes ont assisté aux cérémonies d'ouverture qui se sont déroulées au Congrès national du Paraguay en présence de plusieurs membres du Congrès et d’autorités diplomatiques locales. Parmi les invités d’honneur, notons la présence de M. Enrique Gonzalez Quintana, Président du Congrès national, M. Ticio Escobar, ministre de la Culture, de l'Industrie et du Comerce, Mme Iris Rocio Gonzalez, Sénatrice et présidente du Comité sénatorial sur la culture, et Mme Alejandra Diaz de la Coalition paraguayenne qui ont chacun souhaité la bienvenue aux participants.
À la suite de ces discours, M. Frédéric Vacheron représentant du Bureau régional de l'UNESCO pour le Mercosur et M. Jean-Luc Pilon, représentant du secrétariat de la Fédération internationale des Coalitions pour la diversité culturelle (FICDC) ont respectivement livré des présentations sur l'application de la Convention de l'UNESCO sur la diversité des expressions culturelles et sur les défis auxquelles font face les Coalitions et les organisations culturelles dans la campagne actuelle de ratification et de mise en œuvre de la Convention.
Les participants ont ensuite pris part à un séminaire public sur la mise en œuvre de la Convention. Lors de ce séminaire, auquel ont assisté plus de cent personnes, les représentants des Coalitions ont présenté des modèles de politiques culturelles en vigueur dans les divers secteurs culturels de leur pays respectif. Ces présentations ont permis d’échanger avec le public, mais aussi d’aborder des actions concrètes pour mettre en œuvre la Convention.
En outre, lors de la dernière journée de la rencontre, les délégués des Coalitions et des organisations professionnelles de la culture ont animé des tables rondes sectorielles avec les représentants d'organisations paraguayennes en vue de collaborer à l'élaboration d'un plan d'action national de mise en œuvre la Convention.
Les représentants des Coalitions du Mercosur ont également tenu leur propre réunion au cours de laquelle ils ont fait le bilan de leurs activités au niveau national depuis la dernière réunion des Coalitions des Amériques tenue à Bogotá en novembre 2007. Après des débats animés, les coalitions présentes se sont également engagées à réaliser rapidement certains projets concrets qu'ils ont inscrits dans la déclaration finale (en espagnol seulement).
Ils ont notamment décidé, sous la coordination de la Coalition paraguayenne et en collaboration avec le bureau de l'UNESCO pour le Mercosur, de produire une publication qui ferait connaître les activités des coalitions dans leur pays respectif.
De plus, les représentants de chacune des coalitions ont pris l’engagement de produire un rapport présentant les principales politiques culturelles existantes dans leur pays. Lorsque complétés, ces rapports pourront être publiés sur le site web de la FICDC et être regroupés sur un cédérom qui pourra être distribué lors d’autres réunions ou rencontres auxquelles participent les coalitions.
Finalement, le vendredi 22 mai, les participants ont appris que les députés des partis d'opposition au Paraguay avaient proposé un projet pour l'abolition de 15 secrétariats gouvernementaux, dont celui de la culture. Les coalitions présentes ont aussitôt affirmé leur opposition à ce projet, en appui à la Coalition paraguayenne, en rédigeant une lettre aux membres du Congrès invitant les députés et sénateurs à ne pas abolir le Secrétariat de la Culture.
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